
Alexi, rédacteur en chef du site Vision Durable, répond à mon dernier billet. Une réflexion très éclairante:
«Le WSJ n’a pas abordé la question du peak oil 3800 fois, et le NYTimes n’a pas non plus parlé de cette question à près de 2000 occasions. L’auteur du billet auquel tu renvoies précise d’ailleurs ceci :
“Bear in mind that this informal survey includes comments by readers, guest editorials, and assorted other references that are not part of the newspaper's reporting.”
J’ajouterais à cela qu’une telle recherche Google est pour le moins imprécise.
Pour le fun, j’ai cherché l’expression « peak oil » dans Eureka pour le NYTimes (23 fois), La Presse (8 fois) et Le Devoir (6 fois). Si ces chiffres sont p-e faibles, ils sont selon moi plus près de la réalité que les chiffres avancés par peakoil.blogspot.com.
Pour ma part, je parle rarement du peak oil même si je me suis intéressé à cette question il y a de cela trois ou quatre ans, notamment en lisant le livre de Matt Simmons.
Je n’adhère toutefois pas à cette hypothèse, qui veut que nous assisterons à une catastrophe économique et sociale lorsque l’offre de pétrole sera structurellement insuffisante à la demande.
Il n’y aura pas de choc selon moi parce que le pétrole, même s’il est très important, n’est plus aussi central à notre économie qu’avant. Il y a deux ou trois ans, on entendait d’ailleurs que le baril de pétrole à 100 $ causerait une récession mondiale importante et rapide. Or il est à 125 $ et toujours pas de bouleversement majeur de l’économie…
Par ailleurs, je crois que la hausse actuelle du prix du baril est en partie attribuable à la forte spéculation à laquelle s’adonne certains groupes d’investisseurs, plutôt qu’à un manque d’approvisionnement. La congestion actuelle du réseau de raffinage aux Etats-Unis, qui fonctionne pratiquement à pleine capacité, est également fautive.
Je crois qu’il faut distinguer le fait que le pétrole ne redescendra pas à 30 $ le baril du peak oil. Je ne crois pas que le baril va atteindre 200 $ l’année prochaine comme Jeff Rubin et Merrill Lynch le laisse entendre… Oui le pétrole très abordable est probablement chose du passé, mais non je ne crois pas au peak oil.»
Pour ma part, je ne crois pas non plus au choc, mais pour des raisons différentes: le potentiel d'amélioration. En réalité, si le prix de l'essence doublait d'ici la semaine prochaine, il serait assez facile de diviser par deux notre consommation, voire plus.
Par exemple, les voitures ont quatre places. Prenez un autre passager, et vous venez de diviser par deux votre consommation par personne.
Ou encore, réduisez votre vitesse à 95 km/h, ne climatisez pas et gonflez vos pneus, vous venez de réduire votre consommation d'au moins 30%.
Avez-vous d'autres trucs?