L'illusion des prix
«Market knows everything about price and nothing about costs.»
Cette citation prend tout son sens lorsque l'on pense à la notion des externalités, c'est-à-dire les coûts qui ne retrouvent pas dans le prix payé. Par exemple:
- les frais de santé causés par la pollution,
- l'augmentation des ravages climatiques extrêmes,
- les coûts de maintenir une armée au Moyen Orient pour assurer un approvisionnement en pétrole,
- la perte du potentiel de revenus de la pêche pour les générations futures,
- la décontamination des sols.
Malheureusement, les entreprises ont intérêt à faire payer à d'autres le plus de coûts socialement acceptables dans le modèle actuel. Par conséquent, chaque fois qu'un cadre réglementaire émerge pour internaliser un de ces coûts, les marchés vont chercher des moyens de le contourner. C'est inévitable.
L'analyse des coûts du cycle de vie
Dans ce contexte, l'analyse des coûts du cycle de vie (ACCV) devient un outil intéressant. Il sert non seulement à prendre en compte l'ensemble des coûts de toutes les étapes du cycle de vie (y compris la fin de vie: recyclage, enfouissement, etc.), mais il a pour but d'inclure les coûts environnementaux et sociétaux.
Bien sûr, la méthode a ses limites. Elle ne peut pas nécessairement mieux évaluer le coût de l'essence dans cinq ans ou donner une valeur de meilleure qualité sur des coûts intangibles. Sauf qu'il s'agit d'un changement de valeur important. Plutôt que de chercher à ignorer le plus de coûts possibles, elle cherche à en identifier le plus grand nombre!
La vérité influencerait nos décisions
Si nous avions le réflexe de prendre des décisions à l'aide de l'ACCV, notre perception des choses serait complètement différente.
Par exemple, on n'appellerait pas des crédits de carbone un «droit de polluer», car on comprendrait qu'actuellement, nous avons un droit illimité d'émettre des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. On dirait donc que les crédits de carbone viennent limiter le droit de polluer.
L'impact le plus important serait sûrement celui de modifier les prix affichés. Selon un article du National Geographic que je cite de mémoire, le vrai prix de l'essence serait de 5$/litre à la pompe si l'on incluait toutes les externalités (subventions, crédits d'impôts, armée, santé, décontamination, etc.). À ce prix-là, je doute que GM aurait vendu beaucoup de Hummer depuis 10 ans!




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