jeudi 2 juillet 2009

La vérité sur la carboneutralité


Votre organisation est-elle certifiée carboneutre? Si non, votre prochain événement sera-il zéro CO2?

Compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) devient une activité de plus en plus courante. Mais je constate que peu de gens comprennent réellement ce qu'ils achètent. Et plusieurs achètent n'importe quoi.

Dans ce billet, nous allons voir qu'est-ce qu'un crédit de carbone et pourquoi ils ne sont pas tous équivalents.

La compensation a pour but de rendre nulles nos propres émissions en achetant la même quantité de GES capturée ou évitée ailleurs. On peut le faire en s'adressant aux marchés ou par le biais de programmes de compensation volontaires, comme Planetair.ca et Carbon Zero. Dans cet article, je fais référence aux crédits volontaires de la deuxième catégorie.

Présentement, il existe deux moyens de compenser nos GES:

1) En finançant de l'énergie renouvelable, comme des éoliennes.
2) En plantant des arbres.

Les énergies propres
La compensation par les énergies propres suit le raisonnement suivant: en installant une éolienne, par exemple, plutôt qu'une centrale au gaz ou au charbon, on évite d'émettre des GES dans le futur. Ce sont ces GES évitées qui vous sont créditées.

Autrement dit, les émissions évitées grâce à l'éolienne seront tout de même émises, mais par vos activités plutôt que sur place. Bref, cela ne fait que déplacer le problème ailleurs. De plus, compenser en évitant des émissions futures ne change rien au problème: les GES que nous avons émis –et que nous voulons «annuler»– contriburons au réchauffement du climat.

La plantation d'arbres
Planter un arbre est donc une solution plus intéressante, vous dites-vous. Après tout, l'arbre fixe du CO2 dans ses branches et dans le sol. C'est vrai. Sauf que pour qu'il y ait une réduction nette des GES dans l'atmosphère, il faut que ce carbone reste dans le sol en fin de vie, d'ici quelques centaines d'années. Si le bois est usiné, enfouie ou brûlé, le carbone retournera alors dans l'atmosphère.

Or, il existe bien peu de plantations d'arbre destinées à la compensation qui puissent garantir que cette ressource ne sera pas exploitée dans 100, 200 ou 300 ans. Qui sommes-nous pour interdire aux générations futures d'utiliser une ressource ou un territoire dont ils pourraient avoir besoin?

Par ailleurs, si le but est de compenser nos émissions actuelles de GES afin d'éviter les effets potentiels sur le climat, il faut comprendre qu'un arbre a un impact positif sur une très longue période. Autrement dit, entre l'année où vous avez émis vos GES et l'année où ils auront été absorbés par des arbres, il s'écoulera un laps de temps pendant lequel le CO2 contribuera aux changements climatiques.

La vérité?
L'achat de crédits compensatoires ne nous rend pas vraiment carboneutre. Cela dit, la compensation reste une activité qui a un impact positif malgré tout, que ce soit en finançant des projets qui n'auraient pas lieu autrement ou en plantant des arbres. Outre la fixation du CO2, les arbres ont d'autres avantages, comme la filtration des eaux de pluie, le soutien de la biodiversité et l'enrichissement des sols. Et surtout, ils sont magnifiques!



1 commentaires:

Julien a dit…

Très bonne explication... D'un point de vue purement personnel je suis plus pour les énergies que les arbres... Et il ne faut pas oublier que compenser vient après réduire, il me semble que c'est important de le préciser.